samedi 6 août 2022

D'après Jack Ketchum (à vos souhaits !)



 

 

Offspring d'Andrew van den Houten (2009)

Le pitch en quelques mots : une tribu de sauvages cannibales s’approvisionne en nourriture dans une petite bourgade nord-américaine (ou canadienne j’ai un doute) en y dépeçant adultes et en enlevant des bébés. Un shérif à la retraite et alcoolique de surcroît se lance sur leurs traces (de sang). Bon, que dire de tout ça ?

Qu’il manque quelques ingrédients pour en faire un bon film et surtout d’une véritable écriture, ce qui peut paraître étonnant quand on sait que le scénar est signé Jack Ketchum auteur renommé dans le domaine de l’horreur mais dont je n’ai lu seulement que quelques nouvelles contrairement à l'ami Zomba666 qui a pratiqué les romans de l'auteur. A préciser d'ailleurs que Offspring est inspiré d'un de ses romans qui est également la suite de Off season (Saison de mort en VF).

Un caméo de Jack Ketchum qui nous a hélas quitté en 2018

En effet, la majeure partie des personnages n’a aucune épaisseur et on a un peu de mal à s’attacher à qui que ce soit en dépit des horreurs qu’ils subissent. Le couple du départ semblait prometteur mais la suite n’est pas à la hauteur. Et c’est un peu le cas pour tous les protagonistes pour lesquels on aurait aimé avoir plus de vécu. Mais comme le métrage dure environ 1h20, on essaie d’aller à l’essentiel, j’imagine, c’est-à-dire le comportement bestial de la tribu et les meurtres violents qui l’accompagnent. Si l’on suit quand même cette traque avec un minimum d’intérêt, on ne peut s’empêcher de trouver nombres de scories qui polluent un peu l’affaire. 

Le look des enfants sauvages relativise l’horreur tant les gamins ne sont pas effrayants et semble être le croisement d’un môme du casting de Mad Max et d’un Fraggle Rock. Les effets spéciaux ne sont pas non plus ce qui se fait de mieux dans le métier (un sang d’un rouge qui laisse sceptique) et les quelques effets gores sont plus souvent gratuits que bien incorporés au récit comme pour choquer à tout prix mais ratant leur objectif au passage (à ce propos voir la « désintestination » d’un des personnages entre suggestion et boudin en plastique). 

Pollyanna McIntosh connue des fans de Walking Dead dès la saison 7
 

On a aussi parfois l’impression que le film a subi des coupes tant le scénario est un peu trop elliptique (voir à ce sujet le comportement de l’ex-mari violent complètement injustifié et incompréhensible dans une telle situation). 

Je suis conscient qu’on pourrait croire que je n’ai pas aimé mais en fait je ne me suis pas ennuyé (1ère chose que je demande à un film) simplement et là j’insiste les personnages auraient mérité un plus grand soin d’écriture (la force d’un Stephen King dans ses romans).

En fait, j’imagine sans difficulté que le budget du film joue aussi sur nombre de critères car cet aspect-ci se fait sentir à plus d’un moment (3 flics mènent la traque et le film semble se dérouler à peu près dans 2 décors différents) et c’est dommage. Après cela, je pense que je vais appréhender « The woman » différemment car dans Offspring, on a plutôt envie de passer cette femme chef de tribu à la mitrailleuse lourde plutôt que de compatir alors qu’il me semblait que c’était plus le but de « The woman » mais peut-être que je me trompe. Je verrai ça pas plus tard que bientôt.

Pour finir, je me posais une question. Ketchum a-t-il un problème avec les enfants ? Je sais de source sûre (l'ami Zomba666, encore lui) qu’ils ne sont pas épargnés dans « The girl next door » et c’est le cas aussi dans ce métrage entre bébé mort dans un sac plastique ou gamin fini à coup de hache dans le torse. Cette question reste toutefois purement rhétorique.

Et puis qu'on en parlait ...


 

The Woman de Lucky McKee (2011)

On enchaine donc rapidement sur cette suite qui surpasse haut la main le 1er film.

Chris Cleek, avocat, marié et père de 3 enfants, aperçoit lors d’une partie de chasse une femme sauvage qu’il se met en tête de capturer et de « civiliser ».

The woman est donc la suite directe du film « Offspring » dans lequel une femme sauvage, matriarche d’une tribu de cannibales, était la seule survivante d’un massacre. Bon, je vous grille un peu la fin du précédent mais l'affiche du film aussi, non ?

Un film avec une famille mais pas pour toute la famille

Que dire du film sans rien dévoiler sinon que les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Bon, je n'en dirai pas plus, je préfère qu’on en disserte de concert quand vous l’aurez vu tant j’ai envie de développer les thèmes du film que certains crétins ont trop vite associé à la vague de torture porn sortis ces dernières années. 


Lucky McKee signe un film remarquable en nous dépeignant le portrait d’une famille américaine « next door » qui cache des maux plus profonds et des horreurs sans nom. Appuyé par une bande son rock incroyable signée Sean Spillane, The Woman est la claque dans les dents de ces dernières années.

Le Padre

 


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