Between worlds de Maria Pulera (2018)
Le pitch : Joe est un routier qui galère pour trouver du taf. Il est gras du bide, une barbe de cinq jours crade et le cheveu sale et long caché en partie par une casquette. En plus de son allure de beauf aviné, il se trimballe un trauma depuis la mort de sa fille et de sa femme dans un incendie. Alors qu’il prend sa pause dans un relais routier il entend des bruits de lutte dans les toilettes. Il déboule et découvre une femme (Franka Potente) en train de se faire étrangler par un spécimen de l’espèce masculine. Joe intervient et défonce le gars sur quoi, la femme l’engueule en lui disant qu’il a tout fait rater.
Ce qui mérite explication : la femme, Julie, lui explique que sa fille vient d’avoir un accident de moto et qu’il faut qu’elle l’empêche de mourir. Oui ! Car Julie a un don : quand elle se trouve dans un état proche de la mort, elle parvient à joindre les gens en partance pour l’au-delà et parfois les faire changer d’avis.
Joe, crasseux mais bon samaritain emmène Julie à l’hosto où sa fille vient de faire un arrêt cardiaque. Du coup Joe étrangle Julie pour qu’elle intervienne dans « l’entre-monde » et ramener l’âme de sa fille. Apparemment ça marche et Billie la fille de Julie est sauvé.
Sauf qu’au lieu d’avoir ramené l’âme de Billie, Julie a ramené celle de Mary la femme défunte de Joe le crado. Ben oui, elle a beau être morte depuis des années, on nous expliquera plus tard que quand des personnes disparaissent de façon violente, les âmes s’accrochent. Du coup, le gras s’en va, mais il reste une tache ! La suite, vous la devinez. Joe, célibataire et toujours sale emmènage chez Julie qu’il démontera rapidement sur le canapé avant de se faire séduire par Billy possédée par l’esprit de Mary. Bon, pour le côté fantastique, y’a pas plus. Pour le côté intéressant, non plus.
Le film est en fait relativement catastrophique voire involontairement drôle ce qui en ferait un bon candidat aux Nanars d’or 2018.
Le jeu des acteurs est relativement mauvais (de plus le doublage français est exécrable, Nic Cage n’ayant pas droit à son doubleur habituel qui a sans doute du mal à suivre le nombre de films que le gars enchaine chaque année) quant aux dialogues, on atteint des sommets avec des phrases telles que « un homme sans son camion, c’est plus un homme », j’en passe et des plus folles. Bien qu’il en fasse parfois des caisses, le père Cage s’implique dans son rôle (on sentirait presque qu’il schlingue tant il a l’air dégueu par moment) ce qui ne l’empêche pas non plus de faire n’importe quoi par instant à l’image de pas mal de scènes du film dont une qui décroche le pompon de la scène « autre » dans le genre « top de la mise en abyme » (accrochez-vous, ça vaut le détour) :
Lors d’une scène de sexe où Joe se tape la fille de Julie alors qu’il sait qu’elle a l’esprit de sa défunte épouse, cette dernière au bord de l’extase lui demande « Lis-moi un extrait des souvenirs ». Joe, tout en continuant à aller et venir entre ses reins (je vais et je viens) se saisit d’un bouquin et commence à déclamer le texte. On voit alors clairement la couverture qui indique « Memories by Nicolas Cage ». Avouez que vous ne l’aviez pas vu venir celle-là !
Que dire d’autre de ce film pour vous convaincre de passer votre chemin à moins qu’une profonde envie de Nanar vous prenne ? Un scénar absolument pas convaincant (l’élément fantastique semble crédible pour la quasi-totalité des personnages à qui on en parle), des situations encore moins crédibles (la scène finale de Nicolas Cage) et une scène de toute fin dont on se demande ce qu’elle fout là. Point positif euh … en cherchant bien, il y a la présence de Penelope Mitchell qui joue le rôle de Billie (et qui, je me suis renseigné, jouait la sorcière Liv Parker dans Vampire Diaries) la fille possédée par l’esprit de Mary qui revient en mode nympho et qui le prouve via un corps (sympa) qui ne lui appartient pas.
Le Padre



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