lundi 8 août 2022

Vigilante Movie : Episode 1

 

Exterminator : Le Droit De Tuer de James Glickenhaus (1980)

Guerre du Vietnam : Des soldats américains sont capturés par des Viêt-Cong qui les soumettent à un interrogatoire plutôt radical. Parmi eux, John Eastland (Robert Ginty) et Michael Jefferson (Steve James) potes à la vie à la mort qui parviennent à se tirer de ce mauvais pas grâce à Michael et à une arrivée de renforts héliportée.

Retour à la vie civile : John et Michael sont toujours potes et travaillent ensemble dans une boite de transports jusqu’au jour où John surprend des malfrats piller un entrepôt. Une fois de plus Michael intervient et colle une rouste aux voyous. Mais les baltringues l’ont mauvaise et décident de ne pas en rester là. Ils tendent une embuscade à Michael et le laissent paralysé à vie. Son pote John décide alors de prendre les armes.

Bon, par où commencer dans la critique de ce vigilante movie qui à l’époque fit un léger scandale en raison d’une violence, disait-on, insoutenable et qui nourrit mon imaginaire, étant trop jeune pour le voir en salles et le magnétoscope n’ayant pas encore envahit les foyers français. Tout ça pour ça suis-je tenté de dire ! 

Alors certes, le film a vieilli et le look des années 80 dans le cas présent ferait presque office d’élément parodique (il suffit de regarder la dégaine des voyous, les Ghouls, pour réaliser que la plus grande violence est celle faite au bon goût) mais ce n’est pas seulement ce côté suranné qui plombe la vision de l’œuvre. En effet le manque d’un scénario cohérent et l’incrédulité ressentie quant aux motivations du personnage principal s’en chargent.

A l’inverse d’Un Justicier dans ville où le personnage de Charles Bronson passe de non-violent objecteur de conscience à grande faucheuse en costard 3-pièces dans une bonne première partie du film mais de façon progressive, Eastland décide de nettoyer les rues au bout de quelques secondes. Son intention est tellement rapide dans le film qu’on ressent l’impression qu’il manque des scènes. 

Après avoir annoncé l’agression de son ami à la femme de ce dernier, on retrouve dans un plan ultra cut, le futur Exterminateur en train de faire parler un voyou enchaîné en le menaçant d’un lance-flamme. Comment a-t-il capturé sa proie ? Pourquoi lui ? Quels indices a-t-il ? On ne le saura jamais. Toujours est-il qu’Eastland retrouve les agresseurs de son ami, les emmène dans les égouts et les attache pour les livrer aux rats. Et voilà, la vengeance qui, croyait-on, allait tenir une bonne partie du film est expédiée au bout d’un quart d’heure.


Du coup, comme il lui reste du temps pour tenir 1h40, l’exterminateur va s’en prendre à tout ce qui bouge sans la moindre transition ni la moindre logique. Quelques flashes rapides reprenant les scènes chocs de l’intro nous montrent quand même que le Vietnam n’a pas laissé notre ami intact et qu’il en trimballe une sévère (ben oui, faut quand même qu’on comprenne pourquoi il est si belliqueux). C’est ainsi qu’il s’en prend à un mafieux en le passant dans un hachoir à viande, qu’il crame un proxénète pédophile et pourchasse les agresseurs d’une vieille dame pour les truffer de plomb empoisonné au mercure. Une sorte de best-of du nettoyage de rue plutôt qu’une véritable histoire. 

    Pendant ce temps, la police enquête en la personne du détective Dalton (pour lequel on a greffé une romance avec une infirmière totalement inutile et sans conséquence) afin de mettre la main sur ce fameux justicier. Le film suit son petit bonhomme de chemin toujours en faisant fi de la psychologie de son personnage principal jusqu’à un final ridicule et expédié. Bref, le vigilante movie ne sort pas grandi de cette expérience même si cette série B aurait pu offrir mieux avec un scénario moins indigent et un personnage pour lequel un peu d’empathie aurait été nécessaire.   

    A noter : Le look du héros sur l’affiche est plutôt intéressant mais hélas totalement absent du film (merci les gars de la comm’). Acheté dans un bac à 1€, l’image du Dvd est toutefois excellente (si l’on excepte le grain des scènes de nuit qui sont relativement peu nombreuses).

 

Le Padre

2 commentaires:

  1. Merci pour cette critique ! Pas certain que j'adhère au film, je passe donc mon tour.
    J'ai toujours cru que ce film avait les 2 pieds dans la zone nanar, mais ça ne semble pas être le cas. De plus, j'étais persuadé que l'affiche avait servi de couverture à un livre de Claude Gaillard, mais je dois me planter car je n'ai pas retrouvé le truc.

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  2. Même si le film est parfois à la masse, on n'est pas franchement dans le nanar. Plutôt dans un sous-Charles Bronson époque justicier. Mais bon, le nanar est comme beaucoup d'autre domaines, il possède un périmètre à géométrie variable.

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