dimanche 6 janvier 2013

Séance de rattrapage : L'affaire est dans le sac

Première séance de rattrapage, cette rubrique nous permettra de nous pencher sur des œuvres passées de façon plus ou moins lointaine et qui méritent (ou pas, ça dépendra) qu'on y revienne histoire de faire vibrer la fibre nostalgique des lecteurs (j'aime croire que j'en ai quelques uns) ou de déterrer quelque trésor passé jusqu'alors inaperçu aux yeux du grand public. Et s'il existe un genre qui répond bien à cette dernière caractéristique, c'est celui de l'horreur. Ben oui, parce que ce n'est certainement pas à la télévision dite gratuite qu'on pourra se délecter d'un bon film de type horrifique, surveillée qu'elle est par les messieurs propres de la culture de masse. "Pas de film d'horreur à la téloche" clament en chœur les rois de la pensée uniformisée ! Trop traumatisant ! Trop déviant ! Trop décadent ! Vade retro satanas ! En revanche, tout ce beau monde trouvera normal de diffuser à une heure de grande écoute un reportage sur un G.I. dont la jambe est arrachée lors d'une mission en Irak ou Kadhafi en train de crever en boucle. En bref : la véritable horreur, d'accord ! Mais surtout pas de fiction ! Mais bon, passons. Évitons de nous énerver sur une télé qui mérite à peine qu'on en parle pour retourner à notre sujet.

Bien avant la série Masters of horror où les réalisateurs engagés sur le projet avaient carte blanche pour rendre le petit écran plus rouge, la chaîne câblée Showtime au début des années 90 désirait créer une anthologie d'horreur à la façon des Contes de la Crypte, elle-même inspirée des fameux E.C. Comics.

Le résultat fut Body Bags, dirigé par l'un des maîtres du genre, j'ai nommé le grand John Carpenter. Le film sort en 1993 et la filiation avec les Contes de la Crypte est on ne peut plus évidente. Le métrage se découpe en 3 parties reliées entre elle par un John Carpenter cadavérique qui depuis une morgue introduit chaque histoire en nous présentant l'un de ces fameux sacs à cadavres à la façon du gardien de la crypte. Gore et humour noir abondent dans ces présentations. Mais quid des différents segments de ce film à sketches ?

Le premier intitulé The gas station nous présente une étudiante qui prend un job de nuit dans une station service qui pourra lui permettre de réviser au calme alors qu'un tueur en série sévit dans la région. Déroulement et situation relativement classiques (une femme seule dans un endroit isolé, les recommandations faites par son prédécesseur oubliées pour son plus grand malheur ainsi qu'un défilé de visiteurs nocturnes tous plus ou moins étranges qui nous font nous demander quand le tueur apparaîtra) mais efficace, qui ménage quelques moments de tension (le cadavre dans le placard qui fait toujours sursauter, l'affrontement avec le tueur) sans oublier un brin d'humour que John Carpenter, qui réalise le premier acte, utilise avec justesse.

Le second segment, Hair, également réalisé par Carpenter, joue ouvertement la carte de l'humour en introduisant Richard Coberts (Stacy Keach), un homme obsédé par sa calvitie galopante et prêt à tout pour enrayer le processus jusqu'au jour où il tombe sur la publicité du Docteur Lock qui promet le retour d'une chevelure abondante. Prêt à tout pour retrouver de longs attributs capillaires,  Richard décide de franchir le pas. Lorsqu'arrive le moment d'ôter ses bandages, c'est un autre homme que Richard Coberts découvre. Un récit qui titillera forcément les hommes préoccupés par la chute de leurs cheveux (pour ma part j'ai résolu ce problème depuis longtemps et n'ai donc frissonné que rétrospectivement).

Enfin, l'histoire qui conclut cette anthologie et intitulée Eye, est réalisée par Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse) et nous narre les déboires de Brent Matthews (Mark Hamill, impeccable !) joueur de base-ball à succès qui perd son œil droit lors d'un accident de voiture. Désespéré, il accepte la proposition d'une greffe expérimentale de l’œil d'un homme récemment décédé. L'opération réussit à la grande joie de Brent jusqu'au jour où celui-ci commence à voir des choses étranges.

Au final, cette petite anthologie destinée à devenir une série télévisée mais qui ne verra finalement jamais le jour (trop en avance peut-être pour la télévision), tient plutôt bien la route même si une vingtaine d'années est passée depuis et que les effets spéciaux ont évolué. Il est d'ailleurs plutôt réjouissant de profiter d'un film d'horreur sans insert ni trucage numérique propre à notre époque et qui tend à aseptiser les débordements les plus gores. Cette production bénéficie par ailleurs d'un casting solide (Robert Carradine, Stacy Keach, Mark Hamill) en plus de cameos qui devraient réjouir les fans du genre car on y aperçoit aussi bien Wes Craven, Sam Raimi, David Naughton ou encore l'incontournable Roger Corman.

Je vous invite donc à pénétrer en cette morgue car l'occupant des lieux a quelques histoires bien saignantes à vous narrer. Et si vous souhaitez acquérir cette vidéo, sachez qu'elle est encore facilement trouvable sur les sites de ventes en ligne à des prix raisonnables.

A savoir, et à titre de curiosité, que le DVD est également trouvable sous le titre Aberration qui résume à lui-seul la qualité de l'édition. Une jaquette pompée sur l'originale et qui s'avère hors sujet et qui laisse supposer qu'il s'agit du dernier film (à l'époque) de Tobe Hooper d'après John Carpenter (mais d'après quoi ? Ses films, ses scenarii, sa liste de courses ?). Du grand n'importe quoi, donc. Quant à l'arrière de la jaquette, il nous propose des photos d'un autre film sans aucun rapport avec Body Bags (il s'agit d'un film effectivement titré Aberration réalisé par Tim Boxell en 1997 et qui raconte l'histoire d'une femme aux prises avec des lézards mutants). Alors, travail d'un stagiaire qui se serait mélangé les crayons au moment de l'édition de la jaquette ou tentative d'escroquerie pour vendre plusieurs fois le même film sous des titres différents (méthode couramment utilisée dans les bacs à soldes des supermarchés, j'ai des preuves !), le mystère demeure ! En tout cas, méfiez-vous des contrefaçons !

Le Padre.

samedi 15 décembre 2012

Le coin du lecteur : Reviens JPP, reviens !



Pour moi qui fus tout jeune un passionné de cinéma, il me fallait un guide qui m’alimenterait en nouvelles croustillantes quant aux sorties à venir ainsi qu’un conseiller qui m’indiquerait dans quelles salles obscures j’allais me réfugier pour basculer dans d’autres dimensions desquelles je ressortirais émerveillé ou, manque de bol, déçu. Les premiers magazines que je découvrais, s’ils étaient certes informatifs, n’étaient guère passionnants et aussi chaleureux qu’un programme télé. Et puis, je tombai sur les mensuels qui allaient bouleverser pas mal de choses dans mon vécu et mes goûts cinématographiques. Il y en eut deux pour l’essentiel dont l’un disparu au début des 90, j’ai nommé Starfix que certains parmi vous ont peut-être eu le bonheur de tenir entre leurs mains. Le second magazine que je découvrais alors qu’il existait depuis 18 ans déjà et que je n’allais plus lâcher dès lors n’est autre que le célèbre Mad Movies créé par Jean-Pierre Putters. Véritable déclaration d’amour au cinéma de genre, le mensuel n’a eu de cesse de défendre des films souvent méprisés dans la plupart des revues dites sérieuses. Amateurs de fantastique, de science-fiction ou d’horreur, Mad Movies est fait pour vous. Mais si je vous parle de tout ça, ça n’est pas pour vous inciter à vous abonner derechef  au mag (mais rien ne vous en empêche si vous souhaitez lire une bonne revue spécialisée sans tomber toutes les 3 pages sur une publicité). Non, en fait l’évènement est ailleurs.


Jean-Pierre Putters, fondateur de Mad donc, qui s’est séparé de son bébé en 2001, vient de sortir un livre de toute beauté qui ravira non seulement les lecteurs du magazine, mais également tous les amateurs de cinéma fantastique. Il est vrai que le plaisir de lecture se voit renforcé pour ceux qui comme moi suivent cette revue depuis plus de 20 ans voire depuis ses origines ce qui nous donne une petite quarantaine d’années.

Dans ce livre, JPP nous raconte dans un premier temps sa vie, ses passions, ses rencontres qui l’ont amené à créer un magazine de cinéma toujours culte de nos jours. Dans la seconde partie, l’auteur reprend chronologiquement les numéros de Mad Movies auxquels il ajoute nombre d’anecdotes plus intéressantes les unes que les autres.

A l’heure qu’il est, je n’ai pas encore terminé la lecture de l’œuvre (je vous avouerai prendre mon temps pour ne pas l’achever trop vite) mais le plaisir ressenti jusque là est intense. JPP possède une plume et un humour qui ont fait ses preuves et je ne saurais trop vous le conseiller même si vous n’êtes pas un lecteur du magazine car dans ce cas vous aurez quand même l’occasion de vous délecter d’une biographie passionnante, amusante et émouvante.

Pour conclure, je tenais à remercier mon ami Zomba666 qui m’a fait cadeau de ce magnifique ouvrage. Voilà qui est fait.



Le Padre.

Vidéos et débats - Episode 1 : Voyage en nazi




Ignorons superbement les raisons de cette année de silence sur ce blog et entrons dans le vif du sujet en démarrant une petite chronique consacrée aux vidéos (films, séries ou clips) visionnées récemment par votre serviteur (mais vous êtes également les bienvenus sur ce blog si vous voulez me filer un coup de main). Elles ne seront pas forcément d’actualité mais qu’importe le contexte pourvu qu’on se détende un brin.  Conseil ou mise en garde, cette rubrique balaiera un large spectre de qualité, des classiques qui font l’unanimité (mais qui font aussi un peu chier) au pire des nanars (avec lesquels on peut prendre son pied) tout en étant bien conscient de n’asséner aucune vérité universelle mais uniquement un avis personnel nourri à la pop culture depuis des années. Sans plus attendre, penchons-nous de suite sur le cas d’une vidéo sortie récemment et sans aucun doute passée inaperçue aux yeux du grand public, j’ai nommé IRON SKY.

Amoureux des scénarii improbables, pénétrez en ces lieux sans craintes. Oublions tout de suite la date du 21 décembre 2012, prévision funeste des mayas qui n’ont apparemment pas été foutus de prédire leur propre disparation et inquiétons-nous plutôt de ce qui risque de nous tomber sur le coin du nez en 2018. Oui ! Car Iron Sky nous le dit : "La menace viendra de l’espace et les nazis débarqueront pour prendre possession de notre planète". Mais d’où viennent ces hordes de barbares nostalgiques du IIIème Reich ? Eh bien, de la Lune. Mais avant cela, de la Terre ! 

Quelques explications : Alors que les alliés mettent fin à l’invasion allemande et des forces de l’axe à l’issue de la seconde guerre mondiale, un groupe de nazis parvient à s’échapper direction la face cachée de la Lune bien avant qu’Armstrong y pose le pied et que Pink Floyd compose son album ! Sur place, ils construisent une véritable forteresse afin de préparer l’avènement du IVème Reich.

En 2018, les Etats-Unis envoient une mission sur la Lune dont le seul but et de redorer le blason de la présidente en place (sosie de l'ex-candidate Sarah Palin). Après l’alunissage, l’équipage tombe nez à nez avec un escadron de soldats allemands auxquels il doit faire face.


Inutile d’aller plus avant dans le pitch de départ sans qu’on ressente un évident parfum de série Z. Mais voilà, parfois les choses ne sont pas ce qu’elles laissent paraître. Là où on aurait pu s’attendre à un film mêlant action et science-fiction agrémenté de quelques combats sanglants, on se retrouve devant une comédie complètement assumée. 

Car il faut bien le dire, Iron Sky, c’est du grand n’importe quoi ! On y trouve pêle-mêle une gigantesque base lunaire dont les mystères de la construction resteront en l’état, des lois physiques réinventées (la pesanteur et  le manque d’oxygène ne semble gêner personne sur la Lune), un sérum qui transforme les Noirs en Blancs ou encore un chef nazi qui s’agace quand on le salue d’un « Heil Hitler !». Du grand n’importe quoi, certes, mais sans aucune prétention et plutôt réjouissant au final, bien loin des "Disaster Movie" et autres "Spartatouille", purges ricaines dont rien ne pouvait provoquer le moindre rictus. 

Cette production germano-finlandaise par un réalisateur, Timo Vuorensola, assurément geek et biberonné à la culture bis (en témoigne ce grand melting-pot de steampunk, science-fiction et comédie « ZaZesque ») , au budget très restreint, semble en avoir coûté dix fois plus et nous offre de superbes images même si peu crédibles (un soldat  allemand en side-car sur une route lunaire) que ne renieraient pas certains blockbusters outre-atlantique. 

En plus de son second degré permanent et ses combats spatiaux généreux, le film n’oublie pas de saupoudrer le tout d’un esprit critique amusant et acide envers les pouvoirs en place (le gouvernement américain en prend pour son grade) et autres institutions et prône un véritable esprit de tolérance.


Quant aux acteurs, pour la plupart inconnus chez nous (si l’on excepte l’excellent Udo Kier toujours partant pour incarner un bon vieux salopard), ils apportent un capital sympathie non négligeable, Christopher Kirby et la toute mimi Julia Dietze en tête, qui compense un jeu peut-être parfois un peu léger. 


Que dire de plus sinon d’aller jeter un œil à la bande-annonce dans un premier temps : Iron Sky - Trailer

Si l’aventure vous tente, n’hésitez pas ! Ce sera toujours mieux que d’allumer une télévision au paysage bien morne et qui plus qu’à son tour crache au visage du téléspectateur. Iron Sky aura au moins le mérite de ne pas vous tromper sur la marchandise et saura je l’espère, vous distraire un moment.

Le Padre.

mercredi 21 décembre 2011

I'm back ! (comme promis)


Bon, ça fait maintenant plus de deux ans que ce blog est laissé à l’abandon. Il était temps d’y remédier. Débuté à l’origine parce que je m’étais retrouvé immobilisé suite à un malheureux accident de sport, ma bonne volonté pour écrire régulièrement a vite été vaincue par ma paresse naturelle. Mais inutile de me perdre en explications sur les pourquoi du comment de l’hibernation de ce site car elles n’intéressent personne. Sachez juste que nous parlerons en ce lieu des multiples aspects de la culture populaire telle que nous l’aimons (cinéma, comics, jeux … etc.). Si je dis « nous » c’est parce que je n’animerai pas seul ce blog mais en étroite collaboration avec mon ami Vincent dit « Dumm » qui n’a pas sa langue dans sa poche et encore moins son clavier. Et pour vous le prouver, c’est lui qui ouvre le bal pour ce « reboot » de « From the Padre’s room » avec un dossier de toute beauté consacré au personnage d’Alice (oui, comme celle du pays des merveilles) dans le jeu créé par American McGee "Alice : Madness returns".

C’est parti et c'est ici que ça se passe : Alice : Retour au pays de la folie (by Dumm)


Le Padre. 

mercredi 15 avril 2009

I'll be back

Pour ceux parmi vous qui pensaient que j'avais désormais mis mon clavier au rebut et que je passais mon temps à me dorer la pilule au soleil de je ne sais quelle contrée au climat plus clément, qu'ils se ravisent ! En effet car j'officie toujours ponctuellement sur le Web même si les délais entre deux de mes proses sont de plus en plus élastiques. Alors bien sûr, je me fais relativement rare sur mon propre blog et vous l'aurez remarqué si vous passez de temps en temps (je ne vous tiendrai pas rigueur de ne pas le faire par ailleurs vu ce qu'il y a à se mettre sous la dent ces derniers mois) mais je m'efforcerai de revenir plus fréquemment quitte à écrire de plus courts textes. Cela dit, le sujet n'est pas là. Si je sors de ma tanière, c'est pour vous faire part d'un nouvel article que j'ai écrit récemment pour le site COMIC SCREEN, le site où les super-héros crèvent l'écran. Si l'image ci-contre ne vous avait pas encore mis la puce à l'oreille, sachez que le sujet concerne les aventures du Punisher au cinéma, une façon comme une autre de fêter la non-sortie scandaleuse du Punisher War zone sur les écrans français. Mais trêve de bavardage et allez donc me lire toute affaire cessante cet article entièrement fait main. Je vous préviens, j'interrogerai la prochaine fois.

Sur ces bonnes paroles, je retourne me coucher. Ah oui, pour lire l'article, cliquez sur le lien qui suit. Non seulement vous y accéderez illico mais en plus vous fermerez ce blog de feignant. Allez, à la prochaine ! Et comme disait ce bon vieux Schwarzy avant qu'il ne soit perdu pour le cinéma : "I'll be back !". Maintenant, c'est ici que ça se passe : La Saga Punisher.

samedi 28 février 2009

Le droit à la paresse et un conseil de lecture

Vous l'avez sans doute remarqué et vous être trop polis pour me le signaler (ou alors personne ne vient jamais ici et j'écris dans le vide) mais ce blog ne se renouvelle pas des masses. Ce n'est pourtant pas l'envie d'écrire qui me manque, que ce soit pour parler de sujets qui me passionnent ou pour pousser des coups de gueule. Non, c'est juste que je suis relativement paresseux de nature et que pour que je décide à me mettre sur les rails il faut simplement, comme l'on disait jadis lorsque je fis mon service militaire et de façon très fleurie, que je me sorte les doigts du cul. Je tiens à bien insister sur le fait qu'il s'agit là d'une métaphore car j'en sens certains parmi vous, bande de petits malins, prêts à m'imaginer dans cette inconfortable posture. Je mets donc un peu de temps à faire les choses, mais quand je suis lancé, plus rien ou presque ne peut m'arrêter (le petit marrant qui a dit : "sauf une rupture du tendon d'Achille est prié de quitter la salle !"). Comme je suis actuellement en train de travailler à plusieurs articles destinés à un plus large public (ce qui ne veut pas forcément dire "tous publics") et que je n'ai rien de véritablement achevé à l'heure où je tape ces lignes, je me suis décidé à vous fournir, de façon régulière mais non systématique quelques sujets que j'ai écrits à une date ultérieure et qui parurent sur le net dans un Webzine nommé The Padre Comics News. La plupart d'entre vous n'ayant sans doute jamais lu ce zine tombé aux oubliettes, les articles que je vous proposerai vous sembleront de toute façon nouveaux même si la date de fraîcheur est dépassée. Histoire de leur redonner un coup de jeune, je les retoucherai à l'occasion et les agrémenterai de nouvelles images. Aux personnes pour qui ces textes seraient par trop familiers, je leur demanderai de patienter un peu en attendant des sujets plus actuels si tant est que vous attendiez quelque chose de ce blog. Donc voilà. Ma fainéantise étant sinon justifiée en tout cas annoncée, voici, pour celles et ceux qui ont décidé de rester, le premier "reprint" d'un article publié dans un passé pas si lointain. Disons qu'il s'agit là de l'édition collector. Après tout, les marchands de DVD n'agissent pas autrement et s'appliquent à nous fourguer encore et encore des versions multiples d'un même film, prenant ainsi le consommateur pour une vache à lait, et je reste poli. La seule différence, c'est qu'ici c'est gratuit.
Je vous propose donc de découvrir ou redécouvrir un conseil de lecture que je dispensais alors. Il s'agit d'un comic book et là de suite je sens mon lectorat féminin prêt à partir vers d'autres horizons. Ce serait une erreur. Tous les comics ne s'adressent pas qu'aux garçons et je pense que celui-ci, empreint d'une incontestable poésie, même si elle revêt parfois des atours morbides, saura parler aux deux sexes. Son auteur, en interview, s'étonnait même que la majeure partie de ses fans soit composée de filles. Voici donc le conseil de lecture du Padre (désolé si je parle parfois de moi à la troisième personne, mais mon pseudo me donne l'impression d'avoir une vie propre) que j'espère vous suivrez : The Crow.

Peut-être plus connu pour ses diverses adaptations cinématographiques, dont le premier chapitre avec Brandon Lee reste à ce jour un véritable chef-d’œuvre, ou pour sa série télévisée franchement oubliable avec Mark Dacascos, The Crow est avant tout une bande dessinée créée par James O’Barr à la suite d’un drame personnel. Mélange d’amour et de mort, récit d’une vengeance destinée à trouver le repos de l’âme, la lecture de The Crow est un exercice dont vous ne devriez pas sortir totalement indemne. Mais avant de nous pencher sur l'œuvre, parlons de son auteur, James O'Barr. Alors qu'il est âgé de 18 ans et qu'il vient de quitter sa famille adoptive pour vivre avec sa fiancée Bethany, celle-ci est victime d'un chauffard ivre qui la percute avec son véhicule. La jeune femme n'y survit pas et James O'Barr, dévoré par le chagrin s'engage dans les Marines, célèbre corps d'armée des Etats-Unis, et se retrouve basé en Allemagne. Le dessin, et la bande dessinée en particulier, lui sert d'exutoire et il commence, au début des années 80, à travailler sur The Crow, une façon pour lui d’exorciser sa douleur et sa peine après la mort de sa fiancée. Après avoir quitté les Marines, O’Barr fait des petits boulots à droite à gauche puis travaille dans les comics jusqu’à ce qu’on le découvre et le publie en 1989. Le premier volet de sa série est publié chez Caliber Press en février de cette année là. Mais des aléas financiers oblige la suite a demeurer en attente jusqu'à ce que Tundra Publishing édite l'œuvre en trois graphic novels. En 1993, Kitchen Sink Press Inc. achète les droits de la série et publie les épisodes existants dans un seul et même volume agrémenté de dessins inédits. C'est de cette version dont je vais vous parler. 

L'histoire de The Crow :
Après une panne de voiture, un jeune couple, Eric et Shelly, se retrouve perdu sur une route sombre de campagne. Un groupe d’hommes survient, viole et tue sauvagement Shelly après avoir abattu Eric d’une balle en pleine tête. Ce dernier, en train de mourir de ses blessures, ne peut que regarder impuissant, l’horreur qui se déchaîne autour de lui. A cause de la nature horrible du meurtre, et de l’amour qui les liait, l’âme d’Eric est incapable de trouver le repos. Un an plus tard, un corbeau le ramène à la vie pour prendre sa revanche sur les hommes qui les ont tués. Eric entreprend de traquer et tuer systématiquement ses meurtriers. En chemin, il apprend que verser le sang n’apaise pas forcément la douleur. Mais sa mission, qui est de venger leurs meurtres, doit être accomplie, afin qu’il soit réuni dans la mort avec Shelly. 

Pourquoi Le Padre vous le conseille :
En tout cas pas pour vous payer une bonne partie de rigolade mais vous vous en seriez doutés si vous n'avez pas sauté le paragraphe précédent. Oui, car il existe des oeuvres que l’on se prend comme une bonne claque en pleine figure (mais n'ayez pas peur si vous ouvrez le bouquin, l'expression n'est pas à prendre dans son sens littéral). The Crow est de celles-ci et je vous avouerai qu’il ne m’est pas aisé de vous donner les raisons de ce conseil de lecture tant celles-ci se situent sur le plan des sensations ressenties et pas toujours évidentes à exprimer (ou alors j'ai un vocabulaire plus limité que je ne croyais). Tout ce que j’aurai envie de vous dire c’est tout simplement de lire et vous verrez. Alors évidemment, ce récit n’est pas des plus gais. Comme l’a déclaré James O’Barr, il est ce qu’il a écrit de plus sombre et désespéré et si vous ne vous sentez pas au mieux au moment de choisir une lecture, The Crow ne vous remontera certainement pas le moral. Mélange de narration classique, de séquences oniriques, de poèmes et de chansons retranscrites dans différentes langues, ce livre est une oeuvre unique, romantique et morbide, sensuelle et violente. The Crow est empreint des différentes influences avouées de James O’Barr que sont Arthur Rimbaud, Lewis Caroll, Edgar Poe ou Will Eisner mais également Iggy Pop (le look de son héros en est d’ailleurs inspiré en partie, la partie restante appartenant à Peter Murphy, ancien leader du groupe Bauhaus), Robert Smith des « Cure » et Joy Division. Rien de très forcément joyeux dans tout ça (on est assez loin de la Compagnie Créole) mais le sujet et les raisons de l’auteur n’appelaient pas ce type de sentiments.

Il y a quelques années, The Crow fut porté à l’écran par le très bon Alex Proyas (Dark City, I Robot). Je ne vais pas développer ici tout le bien que je pense de ce film que je considère comme un chef-d’oeuvre du genre mais je vais quand même vous en toucher deux mots si vous le voulez bien. Tout d’abord, si je devais fournir une réponse à la question : « Faut-il voir le film ou lire le livre avant ? » je vous répondrais finalement « Peu importe ». Ca vous aide, non ? En ce qui me concerne, et si jamais ça vous intéresse, j’ai d’abord découvert le film au cinéma avant de lire le livre. Et je les ai tous deux trouvés magnifiques, sombres et désespérés (mais j’aime rire aussi parfois, je vous rassure). Alex Proyas a su capturer l’essence de l’oeuvre de James O’Barr sans en trahir l’émotion et la seule véritable horreur sortie du long métrage reste la mort de Brandon Lee qui incarna Eric Draven avec tout ce que le rôle nécessitait de puissance et de vulnérabilité mêlées. James O’Barr, devenu ami avec l’acteur, revivait alors le même type de tragédie qui était à l’origine de son oeuvre. Cruelle ironie.

J’ignore si ces quelques lignes vous auront donné envie de lire The Crow, tant il est vrai que mes propos vous auront peut-être persuadés qu’il s’agit là d’une oeuvre morbide sans la moindre lueur d'espoir ou de vie. Vous auriez en tout cas tort de le croire, car si l’histoire parle essentiellement de vengeance et de mort, son principal moteur en demeure l’amour. Et à moins de faire partie de ces "cowboys" dont le groupe Sinsemilia chante actuellement le retour, vous ne devriez pas y être insensible.

Si jamais, vous désirez en savoir un peu plus sur James O'Barr, voici une occasion d'aller découvrir son site officiel.

vendredi 13 février 2009

Quand nos héros s'animent

En surfant au hasard sur Internet, je suis tombé sur un site qui allie deux de mes passions (parmi les plus avouables), que sont le cinéma et les comics. Ce site a pour nom "Comic Screen" (cliquez sur le nom et vous y êtes) et je vais vous en toucher deux mots.


Vous trouverez d'ailleurs la bannière correspondante dans la colonne sur votre gauche dans ma liste de sites conseillés. "Et que trouve-t-on sur ce site ?" entends-je déjà les moins perspicaces d'entre vous me poser la question. Eh bien, rien que du bon ! Mais surtout une liste d'œuvres adaptées de nos bandes dessinées préférées sous différents formats tels que les films, les séries télévisées ou les dessins animés. Cerise sur le gâteau : chaque adaptation se voit associer une vidéo (bande-annonce, extrait ou générique) qui en dit parfois plus qu'un long discours ce qui ne vous empêche pas vous, de laisser votre avis à la suite ainsi qu'une petite cotation. A noter également une section amateur qui démontre parfois que les pros peuvent aussi en prendre de la graine (le fameux "Batman : Dead end" de Sandy Collora en est un parfait exemple). Bref, je vous laisse découvrir par vous-même cet excellent site, qui plus est entièrement en français pour ceux que l'anglais rebute.

Pour conclure, je tenais juste à vous signaler que j'ai tellement apprécié ce site que j'ai contacté son Webmaster pour lui proposer ma collaboration qu'il a d'ailleurs acceptée et je l'en remercie. J'ai depuis écrit un article à l'occasion de la sortie Dvd de "Batman : Le chevalier noir" (que vous pouvez lire en cliquant ici) et j'espère que ce sujet n'est que le premier d'une longue liste à venir (si ma paresse naturelle veut bien la mettre en veilleuse).

Voilà, et si comme moi vous appréciez "Comic Screen" et que par ailleurs vous êtes un adepte de l'errance sans fin sur FaceBook, vous pouvez y rejoindre le groupe associé au site à cet endroit.

A très bientôt pour de nouvelles aventures.